L’église en travaux

L’église de Lopérec n’est pas classée « Monument Historique ». Ce classement est une protection qui permet d’obtenir de très bonnes subventions, couvrant la presque totalité des travaux de rénovation.

L’église de Lopérec contient pourtant un très riche patrimoine. Mais elle a été élargie du côté nord, et rehaussée à la fin du 19ème siècle. La modification de son état d’origine l’a empêchée d’obtenir cette protection.

Si l’église n’est pas classée, nombreux sont les éléments qu’elle contient qui, eux sont classés ou Inscrits à l’inventaire des Monuments historiques.

Sur plusieurs d’entre eux, des travaux de rénovation ont déjà eu lieu ces dernières années : le porche, la chaire à prêcher , les statues, le calvaire…

D’autres éléments en auraient besoin, en particulier les retables ( autels latéraux ) et les fonts baptismaux. Une restructuration de la chambre des cloches et de ses mécanismes sera également nécessaire. En effet, les fortes vibrations crées par le mouvement des trois cloches contribuent à détériorer les pierres de grès. Ces pierres provenaient des carrières situées à proximité immédiate, et leur solidité ne vaut pas celle du granite et du kersanton,.

Mais d’abord nous devons donc nous contenter de réaliser l’essentiel : une mise hors d’eau efficace de l’édifice, par des travaux de maçonnerie, de charpente et de couverture, afin de préserver l’église pour les générations futures.

Le montant des travaux est de l’ordre de 660 000€ TTC, ( sous réserve de quelques surprises négatives lors du chantier ), montant répartis en 3 tranches.

L’église fait partie de l’architecture de notre bourg et de son histoire. Il en est ainsi, des constructions  qui dans tous les pays ont une longue histoire. Ils appartiennent à l’histoire humaine, qu’elle soit religieuse ou pas. Tels les temples bouddhistes, les mosquées, les minarets indous, ou autres monuments incas ou de l’Egypte ancienne, témoins de l’aventure humaine et chefs d’œuvre d’architecture qui sont un patrimoine culturel.

Et même s’il ne faut pas confondre la culture et l’économie, ces édifices, tout comme l’église de Lopérec sont des atouts d’attractivité permettant d’amener des visiteurs dans la commune et dans ses commerces.

Nous avons scindé les travaux en trois parties en fonction de l’urgence :

Première partie : Le clocher et les trois sacristies

Les réparations sur le clocher

Depuis la construction de l’église actuelle il y a 450 ans, le clocher a été détruit par la foudre à plusieurs reprises. Et après la foudre, si la paroisse n’avait pas les ressources suffisantes, dans l’attente, c’est l’eau qui minait la maçonnerie. Mais il a toujours été reconstruit avec cette foi qu’il fallait pour transporter les montagnes et…reconstruire les clochers, souvent après des décennies de patience.

Sa dernière reconstruction date de 1860. Mais on peut toujours apercevoir une barre de fer qui le traverse de part, vissée par des croisillons afin que les piliers de la base ne s’écartent. On ne sait de quand date cette installation. L’on sait cependant, qu’il y a une trentaine d’années, il a dû être solidement reconsolidé avec un matériau adapté : l’inox.Contrairement au fer qui éclate la pierre en s’oxydant, l’inox reste intact. Aussi avons nous fait ceinturer d’inox la base du clocher sous la balustrade après l’avoir déposé puis reposé. Plusieurs barres, reliées à cette ceinture traverse le clocher.

Le problème : la pierre.

Il y a 4 où 500 ans, quand les anciens construisaient l’église, ils prenaient les matériaux au plus près du chantier. Ici, c’est un grès , venu des carrières des bords de la Douffine ( Pleyben- Brasparts – Lopérec ) qui domine. Quand les responsables de la communauté paroissiale avaient suffisamment d’argent pour le décor, c’était la pierre jaune- orange, des carrières du Roz à Logonna Daoulas et celle de Kersanton de L’Hopital- Camfrout qu’ils faisaient venir par bateau jusqu’à l’estuaire de la Douffine. Ainsi fut réalisé le porche à la base du clocher, avec ses colonnes et ses sculptures alternant les deux pierres.

Mais si la qualité du kersanton est d’une grande résistance, celle du grès l’est beaucoup moins. Ainsi, avec le temps, beaucoup de ces pierres deviennent friables, se fissurent , et sont ensuite accessibles à l’eau de pluie qui y pénètre, poussée par les vents d’ouest. Leur détérioration s’accélère si on ne les protège pas. L’entreprise Pitrey de Brasparts travaille à refaire les joints au mortier, à remplacer certaines pierres et à colmater les fissures avec de la résine.

La sacristie Nord-Est (face à l’épicerie)

Dans le passé,nous avons dû régulièrement faire appel au couvreur afin de réparer les parties en zinc de l’église, servant à écouler l’eau des ardoises et la guider vers les gouttières. Ces parties en zinc appelées chenaux étaient régulièrement percées à l’endroit des soudures.

L’architecte et le couvreur nous ont donné l’explication : le zinc est un matériau qui se dilate selon la température de l’air.Pour lui permettre de ne pas se fracturer en subissant ces différences de température, il faut qu’il soit entrecoupé régulièrement de joints de dilatation ( étanches ), ce qui n’était pas souvent le cas sur les toitures, jusqu’à une époque récente. De plus, les chenaux étaient régulièrement fixés par des pointes sur le bois des chevrons, empêchant la dilatation du zinc, qui alors se déchirait.

Il y a aussi la pente des chenaux qui sera revue, car avec la multiplication des pigeons et plus récemment des choucas, les brindilles colportées pour la construction des nids tombent sur la toiture et s’accumulent dans les chéneaux puis à l’entrée des gouttières (il est bien révolu le temps où les pigeons très convoités dans les cuisines , étaient plus rares dans le ciel du bourg !).

Les travaux de la toiture ont commencé par la sacristie principale face à l’épicerie. Il s’agit d’une charpente en bois de pitchpin datant de la fin du 19 ème siècle. Des éléments de charpente ont été remplacés et consolidés. La ceinture en béton a été renforcée et une nouvelle sablière en bois a été posée. La volige et l’ensemble de la couverture en ardoises ont été remplacés. Des éléments de menuiserie intérieure doivent être refaits, dont une fenêtre avec ses vitraux.

Nous avons remarqué que le mobilier posé au sol nécessiterait des travaux car le contact avec l’humidité permanente a détérioré les assises.

La sacristie Sud- Est (face au cabinet du médecin)

Ce bâtiment pourrait avoir été à l’origine la sacristie principale de l’église. Dans les années 1960, y a été installée la chaudière à gazoil. Des travaux importants avaient alors été réalisés : des travaux de maçonnerie en ceinture et le remplacement de la charpente avec volige et toiture. Mais c’est la partie de l’église qui a subi le plus les entrées d’eau. En enlevant récemment l’imposante chaudière, nous avons constaté qu’elle cachait des entrées d’eau qui s’infiltrait le long du mur. Et derrières les cloisons de bois décoratives proliférait la mérule, champignon dévoreur de bois et de ciment.De l’autre côté du mur touché par l’humidité se trouve le retable du Rosaire , un des plus beaux en Bretagne. Il y a quelques années nous avions remarqué un affaissement du plancher de ce retable et réalisé de simples travaux de sauvegarde. Les Monuments Historiques (Direction Régionale des Affaires Culturelles) étaient venus sur place. Nous connaissons maintenant la cause de cette détérioration et avons alerté la DRAC afin qu’elle prévoie un programme de restauration.

La sacristie au Sud, abritant les fonts baptismaux

Elle date de la fin du 17 ème siècle et abrite les fonts baptismaux, classés au titre des monuments historiques, restaurés au 19 ème. L’étude réalisée par l’architecte, mentionnait la réfection d’une partie de la charpente, celle qui est accolée à l’église. Mais après enlèvement de la toiture (et volige), il s’avère qu’il est préférable de changer l’ensemble de la charpente. Une charpente en chêne sera donc posée en ce début d’année 2019.

Deuxième partie : La couverture de l’ensemble de l’église

La charpente posée lors de l’agrandissement de l’église à la fin du 19 ème est composée d’éléments en chêne provenant de la charpente ancienne et en bois de sapin ( pitchpin ). Le rapport de l’architecte note :

« Plusieurs ruptures d’assemblages repérées témoignent d’un affaiblissement structurel en évolution.
État des pièces structurelles dans les noues très insatisfaisant, sections limites, maintien des bas de noue par calages précaires et hétérogènes; reports de charge opportunistes (pannes courantes) sur fermes intermédiaires augmentant leur fléchissement.

Des infiltrations d’eau de la toiture ont provoqué le pourrissement de parties basses.
Plusieurs parties subissent des attaques d’insectes en particulier de la vrillette. »

L’église sera couverte par une bâche fixée sur structure métallique afin de permettre de travailler quel que soit le temps, et de protéger l’intérieur de l’édifice.
Les travaux dureront plusieurs mois et les offices se dérouleront dans la chapelle de Saint Guénolé ou dans une église voisine.

Troisième partie : L’intérieur de l’église

Menuiserie, électricité. Le drainage périphérique de l’édifice.

Financement

Nous souhaitons bénéficier pour les deux futures tranches du financement de 40%, obtenu pour la première tranche de travaux avec l’Etat, la Région Bretagne, le Département.

Nous avons aussi fait appel au financement de la Fondation du Patrimoine. Pour en bénéficier, nous faisons appel aux donateurs car plus il y aura de donateurs, plus la Fondation du Patrimoine nous attribuera de finances.Les dons donnent droit à des réductions d’impôts. Ils peuvent être de quelques euros où plus importants.

Ci-dessous le dépliant d’information concernant ce financement.

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